11 Novembre 2009

Développer l'estime de soi

par Guillaume Leroutier

Nul ne peut être vraiment heureux ni prospère à moins d'expérimenter une authentique estime de soi. Violette Lebon
 
Si la confiance en soi s'accroît au fil des réussites, elle trouve sa source dans l'estime que nous portons à notre propre personne. En effet, plus nous nous estimons, plus nous osons agir, créer, réaliser.
L'estime de soi se définit comme la valeur qu'une personne s'attribue à elle-même. Plus cette valeur est positive, plus le degré d'estime personnelle est élevé, plus elle est négative, plus la personne se mésestime elle-même.
La présence en soi de ce sentiment de valeur personnelle trouve son origine dans la relation à autrui. La qualité du regard que les autres portent sur notre personne influence la perception que nous avons de notre propre valeur.
Le degré de valeur que nous nous accordons dépend des jugements - positifs ou négatifs - formulés par notre environnement sur nous-mêmes en différentes situations.
 
Exemples de jugements positifs :
  • Tu es intelligent
  • Tu es doué
  • Tu es créatif
Exemples de jugements négatifs :
  • Tu es nul
  • Tu es incompétent
  • Tu es maladroit
 
Lorsque nous entendons et acceptons un discours à notre égard, nous validons un certain degré d'estime ou de méesestime de soi en notre for intérieur.
Le "regard de la société" porté sur notre personne nous approuvant ou nous désapprouvant est donc essentiel dans l'assimilation du sentiment d'estime de soi. Notre façon de recevoir ces jugements déterminent la profondeur de cette assimilation.
 
Si nous pensons : "Il a raison, je suis nul" ou "décidéement, comme ils le disent, je suis vraiment mal organisé", nous abondons alors dans le sens des messages d'évaluation exprimés par certaines personnes.
Si nous pensons : "Il dit n'importe quoi sans savoir, je sais bien ce que je vaux" ou "peu importe ce qu'ils pensent, je suis bien assez compétent et organisé pour y arriver" nous intégrons là notre sentiment d'estime de soi par réaction opposée aux jugements formulés par autrui.
 
Que nous acceptions d'emblée un jugement négatif à propos de nous-mêmes ou que nous y réagissions en opposition, le degré d'estime de soi qui en résulte a pour origine autrui et son comportement envers nous-mêmes.
 
Par ailleurs, au fil de notre croissance, nous devenons plus à même d'édifier par nous-mêmes un bon degré d'estime de soi. Nous pouvons nous encourager, nous valoriser et nous féliciter.
 
Tant que nous validons par besoin de sécurité et par peur d'être rejeté des jugements limitants sur nous-mêmes, tels que :
  • Je ne suis pas assez franc
  • Je suis trop lent
  • Je suis trop sensible
nous restons pleinement dépendants de ce que pensent les autres et nous intégrons ces jugements comme étant la réalité.
Cet état d'esprit inhibe finalement notre capacité à agir, à créer et à être autonome et développe des comportements limitants pour soi-même : timidité, repli sur soi, aggressivité, rebellion engendrant un sentiment diffus de malaise dont nous ne savons comment nous défaire.
 
Au contraire, si au fur et à mesure de notre évolution, nous savons relativer les jugements d'autrui, nous interroger sur notre valeur intrinsèque, découvrir par nous-mêmes nos capacités et développer des compétences, nous construisons une estime de soi qui ne dépend plus uniquement des regards portés par les autres sur nous-mêmes. Selon notre niveau d'estime, nous agissons donc avec hésitation et anxiété ou au contraire avec aisance et confiance.
 
Guillaume Leroutier